Etes-vous prêts pour l'éclipse du 12 août 2026 ?
Le 12 août 2026, à partir de 18h environ, le Soleil va progressivement disparaître derrière la Lune. Depuis la France, on ne verra pas la totalité, il faudra traverser les Pyrénées pour ça, mais depuis la région viennoise, c'est tout de même 91,5 % du disque solaire qui sera grignoté, au coucher du soleil, dans une lumière crépusculaire absolument irréelle. Un événement plutôt rare, puisque la prochaine fois que la France sera dans la bande de totalité sera en 2081, centenaire de l'association. Autant dire qu'il vaut mieux ne pas rater celle-là.
Août 1999 : la grande éclipse (en partie) ratée
Pour ceux de notre génération, le mot "éclipse" renvoie immédiatement au 11 août 1999. C'était la dernière éclipse totale du millénaire, et elle était visible depuis la France, mais uniquement au nord, sur un axe Le Havre-Strasbourg. Si vous étiez en Normandie ou en Alsace ce matin-là, vous avez peut-être eu de la chance.
Si vous étiez comme moi plus au sud, à Val-Thorens pour tout dire, vous avez vécu une éclipse partielle, et encore : la météo s'était chargée de brouiller même ça. Nuages denses, lumière grise qui baissait bizarrement à 11h du matin sans qu'on sache vraiment si c'était l'éclipse ou juste les Alpes qui faisaient des leurs. Même constat dans la région lyonnaise : ce jour-là, les nuages recouvraient une grande partie de la France, avec seulement quelques îlots de ciel dégagé pour les plus chanceux.
Et pourtant, on y croyait dur comme fer. On avait tous des lunettes de carton avec des filtres dorés. On avait lu les articles dans le journal. Et surtout, on avait tous en tête la prophétie du couturier le plus farfelu de la République.
Paco Rabanne. Pour les "GenZ" qui nous suivent, une petite contextualisation s'impose : le monsieur avait publié un livre intitulé "1999, le feu du ciel" dans lequel il annonçait, s'appuyant sur Nostradamus et ses propres "visions" depuis l'âge de 17 ans, que la station spatiale russe Mir s'écraserait sur Paris lors de l'éclipse. Exactement. La station Mir. Sur Paris. Il avait même promis en direct sur Europe 1 que si rien ne se passait, il se tairait "à tout jamais". Le 11 août à 11h22, quelques Parisiens avaient installé une bâche bleue sous la tour Eiffel pour récupérer les débris. Mir ne s'est pas écrasée, elle a fini dans le Pacifique en 2001. Paco Rabanne a présenté ses excuses dès octobre. L'éclipse, elle, a bien eu lieu, sous les nuages.
Mars 2015 : la partielle qu'on n'a pas vue non plus
Le 20 mars 2015 offrait une deuxième chance. Cette fois, pas de totalité en France, il fallait monter jusqu'aux îles Féroé ou au Svalbard pour ça, mais une éclipse partielle très prononcée, jusqu'à 70 % d'occultation à Lyon vers 10h27. Le problème : c'était en mars. La météo a une fois de plus eu le dernier mot sur une bonne partie du territoire. Personnellement, je ne garde que le souvenir d'une lumière légèrement blafarde qui aurait pu aussi bien être un mauvais souvenir de novembre.
2026 : on ne va pas louper celle-là
Si on oublie les micro-éclipses de 2011 ou 2022 qui n'ont fait frémir que les capteurs des astronomes, 2026 sera vraiment notre première vraie chance de vibrer depuis le rendez-vous manqué de 2015. L'éclipse du 12 août 2026 a plusieurs arguments en sa faveur. Elle a lieu en été, en soirée, le maximum se produit entre 19h15 et 19h45 selon la latitude, et statistiquement les soirées d'août sont bien plus clémentes que les matins de mars. La mauvaise nouvelle, c'est que pour vivre la totalité, il faut se déplacer : la bande de totalité traverse le nord de l'Espagne, des Asturies jusqu'aux Baléares. Oviedo, 1 min 48 s de totalité, Burgos, Valence, Palma de Majorque... Des coins où l'on peut facilement combiner vacances et astronomie. Depuis la France, on reste sur une éclipse partielle, certes impressionnante, 97,8 % à Toulouse, 91,5 % à Lyon, 92,2 % à Paris, mais sans la couronne solaire ni les étoiles visibles en plein jour.
Un détail capital : l'éclipse aura lieu au coucher du soleil, très bas sur l'horizon Ouest. Il faudra donc impérativement se trouver dans un endroit avec un horizon occidental totalement dégagé, pas une terrasse coincée entre deux immeubles.
🕶️ Les lunettes, ce n'est pas optionnel
Petit rappel pédagogique. Regarder le Soleil sans protection, même partiellement masqué, c'est non. Les dommages à la rétine sont irréversibles et indolores : on ne sent rien sur le moment, les dégâts se manifestent quelques heures plus tard. Et si vous avez retrouvé vos lunettes de 1999 au fond d'un carton : direction poubelle. Une paire de 27 ans, ça se détériore sans qu'on le voie. Les lunettes de protection doivent obligatoirement être certifiées ISO 12312-2, c'est inscrit sur la monture. Les lunettes de soleil classiques, les films de CD, les vitres fumées de voiture... rien de tout ça ne protège suffisamment.
Numerama a publié un guide pour trouver des lunettes vraiment aux normes. Les pharmacies commencent à en avoir. Vu la ruée habituelle la dernière semaine, mieux vaut ne pas attendre août.
Et vous, c'était comment en 1999 ?
Voilà une question qui me trotte en tête depuis que j'ai lu l'article de Numerama. Comme écrit plus haut, j'étais en Savoie, je bossais dans le centre sportif, et j'ai vu... une lumière un peu moins forte et un ciel bizarrement gris à 11h du matin. Et vous ? Vous étiez où (question DTC not approved) ? Vous avez vu quelque chose ? Vous aviez cru à la prophétie de Paco Rabanne ? Et pour 2026, vous avez des projets ? Road-trip en Espagne, spot sympa avec horizon dégagé, ou on croise les doigts depuis le jardin en espérant que la météo soit enfin de notre côté ?
Dites-nous tout en commentaires, et si vous n'avez pas encore de lunettes, c'est le moment d'y penser.